
La truffe que
tout le monde connaît n'est que le carpophore d'un champignon
sous-terrain (hypogé). La truffe n'est qu'une des étapes
du cycle de ce champignon.
Le mycélium
est en symbiose avec un arbre hôte, cette association avec
les radicelles de l'arbre est une mycorhize. Ce système
de coopération est courant dans la nature. La truffe, une
fois constituée, vit sa propre vie et continue sa maturation
indépendamment de son mycélium. Elle a coupé
en quelque sorte son cordon ombilical !
Toutefois, même
si elle est séparée du réseau mycélien
originel, des filaments de mycélium continuent de relier
la truffe avec son environnement direct (voir aussi la page sur
le
brûlé ). Ils sont visibles
sur certaines truffes fraîchement récoltées.
« Les
mycorhizes (du grec : mukès = champignon, rhiz =
racine) sont des organes mixtes formés
par des racines et des champignons symbiotes du sol. Presque toutes
les plantes se développent en formant des mycorhizes. Il
en existe de plusieurs types différents, distincts par
leur morphologie et par les champignons qui les engendrent. »
(Extrait de : ENSSAA-INRA-INRAP - Dijon : Les mycorhizes ;
1985).
Pour simplifier
: certaines
parties du champignon s'intègrent et s'insinuent dans les
organes microscopiques des racines de l'arbre-hôte. Cette
association favorise des échanges chimiques utiles à
l'arbre et au champignon.
Au microscope,
une mycorhize de truffe ressemble à une sorte de manchon
qui recouvre les radicelles. Des filaments (le mycelium) se développent
en surface lui donnant un aspect plus ou moins chevelu en fonction
de l'espèce de truffe. A partir d'avril, des petites sphères,
les primordia (des "embryons" de truffes), se forment
sur le mycelium. Seulement quelques uns se développeront
complètement et donneront la fameuse truffe.
>> Vous êtes novice
? Cliquez-ici pour avoir un résumé
de la trufficulture.
>> Je vous recommande également le site du
lagotto.com outre sa richesse du point de vue du chien, des concours,
des liens, des contacts, il comporte aussi une synthèse
des infos sur la truffe fort instructive et en prime, sur la même
page, ne gâchons pas notre plaisir, il vous donne des conseils
de préparation, des recettes.
>> Voici
un document de la FFT - INRA - CTIFL sur la trufficulture de
Tuber uncinatum. Il ne semble plus disponible c'est
pourquoi vous pouvez le consulter en ligne ici : Page 1, page 2, page 3, page
4.
|

Mycorhizes
de Tuber melanosporum.
>> En
savoir plus : Les champignons mycorhiziens
de
Nadia Dechamplain (PISTES) et Lyne Gosselin (CRBF) - Université
Laval, juillet 2002.
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Avantages des mycorhizes
:
Les
bénéfices des mycorhizes pour la plante-hôte
sont multiples et font l'objet de nombreuses
recherches.
La présence des mycorhizes multiplie la surface utilisée
par le réseau racinaire et permet ainsi :
- Meilleure
absorption de l'eau (au détriment des herbacées)
- Des
réactions biochimiques facilitent l'absorption des micro-éléments
utilisés par la plante (phosphore...).
- Des
actions antibiotiques assurent une protection contre certains
micro-organismes pathogènes des racines.
- Rôle
de filtre / barrière de protection biochimique.
- Stabilisation
de la structure du sol par le réseau mycélien.
Avec
quelques conséquences pour la plante-hôte
- Accroissement
de la résistance à la sécheresse (par augmentation
de la surface de contact racine/sol grâce aux mycorhizes).
- Plus
grande fermeté des tissus végétaux augmentant
la période de conservation de certaines plantes.
- Amélioration
notable du taux de survie des plantes l'hiver.
La
conséquence la plus remarquable des mycorhizes
- Elles
accélèrent significativement la croissance des
jeunes plants-hôtes (avantage utilisé en arboriculture
grâce à des procédés brevetés
INRA).
Et,
accessoirement
- Chez
certaines espèces, les mycorhizes donnent naissance à
un carpophore qui a trouvé le moyen d'attirer les sangliers
et quelques Homo sapiens des bois qui perdent vite leur
côté sapiens quand il s'agit de courir après
les... truffes et autres champignons !
L'une
des conséquences des mycorhizes est le
brûlé visible sur le
sol autour des arbres.
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Dessins extraits de
« La Truffe, guide pratique »
Edité par le Ctifl,
22, rue Bergère, 75009 Paris.
Un ouvrage de base à mettre en toutes les mains des trufficulteurs
en herbe.
>> Consulter la bibliographie
|
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Voir dans le même ouvrage
les Zones d'implantations truffières
en France
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Mycorhizes de
Tuber mesentericum (mésentérique).
Photographie
retouchée
Original sur
TUBERKEY - site
truffle.org
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© Photo : Alessandra Zambonelli.
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Cycle de la
truffe
(T. melanosporum)
Donné
à
titre indicatif, car il y a encore bien des aspects encore inconnus
sur ces cycles.
Dessin extrait de la
revue "le Trufficulteur Français" N°59 -
2007
Titre : « Représentation du cycle annuel de
l'ascocarpe de truffe - Modèle de cycle biologique
de Tuber melanosporum avec une phase sexuelle saprophyte »
Selon J.-C. Laberche ; G. Giovanetti, G. Pacioni, G. Gallot
n'ayant pas les droits de reproduction, si les auteurs s'opposent
à la publication écrivez-moi.
J'ai grossi les textes pour une meilleure lisibilité sur
internet.
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Les petites truffes deviendront indépendantes
dès l'été. S'il pleut correctement en juillet*
et août, les corps fructifères, encore immatures, grossiront.
La production de truffes est corrélée avec les
précipitations de l'été.
C'est en hiver que la truffe, devenue un organe isolé,
mûrira (dès septembre pour T. uncinatum,
plus tôt pour T. mesentericum). Or, si elle
n'est pas ramassée durant ces périodes automnales
ou hivernales, elle libérera ses spores qui germeront
du printemps jusqu'à l'automne. Il est probable que la
Tuber uncinatum se caractérise par des poussées
successives et des périodes de maturité échelonnées
sur toute l'année ou sur deux années. En tout cas,
de l'avis de tous, c'est en octobre-décembre que cette
truffe donne le meilleur d'elle-même.
Enfin, si les conditions sont favorables, les spores germés
se combineront avec les radicelles d'un arbre et donneront
naissance à de nouvelles mycorhizes. |
|
*L'effet
de la pluviométrie est fondamentale sur la production
truffière :
Lors de la Journée d'Information de la Truffe de Bourgogne
du 2 juin 2001, organisée au Lycée Agricole de
Chaumont (52), Bertrand Beaucamp nous a présenté
ses travaux personnels sur la relation entre précipitations
et production de truffes de Bourgogne en truffière naturelle,
ils confiment ceux de Gérard Chevalier et permettent d'avancer
une nouvelle hypothèse :
LA PRODUCTION
SERAIT A COUP SÛR FAIBLE, VOIRE NULLE
SI LES DEUX CONDITIONS SUIVANTES SONT REUNIES
1. la pluviométrie de Mai (voire avril) ne doit pas dépasser
plus de 80-100 mm
- trop de pluie, à cette saison, nuit à la production.
2. la pluviométrie
entre Juillet et Août ne doit pas être inférieure
à 50 mm (exemple entre 1-14 mm).
De ces deux conditions initiales résulteraient une production
insignifiante.
Bertrand Beaucamp travaille sur un indicateur simple, pratique
pour les trufficulteurs qui permettrait de pronostiquer (d'interpoler)
en fonction de la pluviométrie mois après mois
un niveau de production.
Selon lui, la pluviométrie optimale pour une bonne production
serait :
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AVRIL |
MAI |
JUIN |
JUILLET |
AOÛT |
SEPTEMBRE |
|
20-50mm |
70-80mm |
70
60-80mm |
50-100mm |
60-80mm |
40-50mm |
Hypothèse
à confirmer... bien sûr !
Tout bon trufficulteur , comme il se doit, mesure la pluviométrie
et, est donc capable de vérifier lui-même ces résultats
!
|
Arbres susceptibles
d'être mycorhizés pour produire Tuber uncinatum
:
Tous sont de bons porteurs de
truffes, on en trouve sous ces arbres, il est plus rare d'en
trouver sous l'épicéa.
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FEUILLUS
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Chêne
sessile ou rouvre
(Quercus petraea (Matt.) Liebl. = Quercus sessiliflora
Salisb.=Q. Sessilis Ehr)(dans l'Est de la
France) |
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Chêne
pédonculé (Quercus robur L. = Q.pedunculata Ehrh.) |
| |
Chêne
pubescent (Quercus
pubescens Wild. = Q. lanuginosa : espèces en
plantation). |
| |
Chêne
chevelu
(Quercus cerris L.) |
| |
Hêtre (Fagus sylvatica
L.) |
| |
Châtaigniers (Castanea sativa
Mill = C. vulgaris Lam. = C. vesca Gaertn.) |
| |
Noisetier
commun,
coudrier (Coryllus avellana L.) |
| |
Noisetier
de Byzance
(Corylus colurna L.) |
| |
Charme
commun
(Carpinus betulus L.) Charmille. |
| |
Charme
noir (Ostrya
carpinifolia Scop.) Charme d'Italie, charme houblon. |
| |
Bouleau
verruqueux
(Betula verrucosa Ehrh. = B. alba L. pp =
B. pendula) |
| |
Tilleul
(Tilia
sp. L.) |
| |
RESINEUX
|
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Pin
noir d'Autriche
(Pinus nigra Arn. ssp. nigra ; P. nigra
Arn. ssp. nigricans Host var. austriaca (Hoess)
Newm.) |
| |
Pin
sylvestre
(Pinus sylvestris L.) |
| |
Epicéa
commun
(Picea excelsa (Lam.) Link. = Picea abies (L.)
Karst.) |
| |
Le cèdre
de l'Atlas
(Cedrus atlantica Manetti ex Carrière = C. libanotica
Link ssp. atlantica Molm.)
|
|
(Source
: La Truffe de Bourgogne, op. cit.) |
|
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Vous
trouverez sur ce site des données scientifiques récentes
dans le domaine des ectomycorhizes et endomycorhizes.
La trufficulture de demain naîtra de ces recherches. MycorWeb.
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